The Clientele – God Save The Clientele  posté le mercredi 13 juin 2007 17:05

Blog de jph : Chroniques disques Pop/Rock/Folk, The Clientele – God Save The Clientele

 Parfois au hasard des blogs musicaux, on se sent des affinités avec quelqu’un. Un petit message d’encouragement et la relation démarre (ou pas). C’est par un goût commun pour Wilco, que j’ai pu converser avec l’auteur (doué) de Lonely Parade (http://lonelyparade.magicrpm.com/). De fil en aiguille, on précise ses positions respectives et puis parfois on passe au véritable échange. C’est ainsi qu’un jour j’ai reçu une copie de ce Strange Geometry. Grand merci à lui pour ce chox.
J’avais lu la chronique si juste et sans concession : http://lonelyparade.magicrpm.com/Annees_2000-1169/6.php et me suis donc empressé d’écouter. Je n’ajouterai rien sur cet album hormis qu’il m’a suivi toutes mes vacances 2006 et que je l’écoute régulièrement.

 Evidemment je me suis mis à suivre de près ce groupe précieux. Et dès l’annonce de ce nouvel opus, je me suis littéralement précipité. Comment la magie de ce groupe d’orfèvre allait-elle opérer ? Il ne fallait plus compter sur le charme de la découverte cette fois. Soyons juste, j’appréhendais.
 Inutilement car la beauté est intacte, mélodies, arrangement, voix et mélancolie bienfaisante toujours au rendez-vous. Si la filiation avec The Felt reste évidente (certainement du à la voix), The Clientele se veut plus subtil en penchant vers l’élégance et la finesse de Prefab Sprout.
 Finie l’entêtante et lassante guitare en trémolo de Strange Geometry. Elle reste présente mais se fait plus discrète derrière le piano et les cordes. Ici, domine un sentiment d’électro-acoustique feutrée proche de l’ambiance du morceau "K" du précédent album. On trouve même de la pedal Steel sur le lascif "The Queen Of Seville" et pas mal de guitare sèche hispanisante aux cordes nylon.
 Dès le premier morceau, aucun doute possible : l’univers des Clientele s’impose. Par la voix bien sur mais aussi par cette simplicité apparente, évidente des compositions.   
 On en arrive à se demander pourquoi l’on n’a pas composé cela soi-même.
 Puis on se rend compte très rapidement que non.
 Que c’est Impossible.
 Qu’on n’aura jamais ce sens de la mélodie, ce génie du geste simple et parfait, cette grâce à l’état pur. Tout ici est finement ciselé et loin de l’esbroufe : le violon de ce premier morceau, les contre chants si mélodiques de la basse (qui mérite une écoute à elle seule), les réponses piano-guitare, la chaleur des voix. Autre haut fait surprenant :  la batterie. D’une telle subtilité qu’on ne sait plus très bien en fin d’album si il y avait ou non un batteur dans ce groupe.
 Mise à part, "Bookshop Casanova" et le curieux et psychédélique "The Garden At Night" tout l’album reste sur un mid tempo merveilleusement mélancolique. Difficile de sortir un morceau du lot  tant l’ensemble ne forme qu’un tout. 3 petits quarts d’heure proche du paradis.
 Vrai de vrai.

 Mais que dire pour convaincre le lecteur que l’on se trouve devant un des plus merveilleux groupe du moment ? The Clientele méritent de notre part la même reconnaissance que Belle & Sebastian. Qu’attendons nous ?

Jph le 13 juin 2007.


    The Clientele – God Save The Clientele
01 - Here Comes the Phantom
02 - I Hope I Know You
03 - Isn''t Life Strange?
04 - The Dance of the Hours
05 - From Brighton Beach to Santa Monica
06 - Winter on Victoria Street
07 - The Queen of Seville
08 - These Days Nothing But Sunshine
09 - Somebody Changed
10 - No Dreams Last Night
11 - Carnival on 7th Street
12 - Bookshop Casanova
13 - The Garden at Night
14 - Dreams of Leaving     

lien permanent

Field Music – Tones of town  posté le mardi 13 mars 2007 08:09

Blog de jph : Chroniques disques Pop/Rock/Folk, Field Music – Tones of town

 Je disais précédemment que les Shins avait mis la barre assez haute en 2007, ce n’est pas cet album qui va me contredire. Dans un tout autre genre.
 Très injustement méconnu, hormis dans un cercle restreint d’amoureux de pop complexe et de qualité, les anglais de Field Music, après un 1 er album prometteur bien que peu facile d’accès, récidivent.
 Sans vraiment changer d’objectif musical. Et c’est tant mieux, tant leur marque de fabrique est originale.

 Si la première œuvre lorgnait avec évidence sur le XTC des débuts, même sens de la syncope, compositions tarabiscotées au dessus desquelles planent des mélodies entêtantes, ce 2 ème jet s’avère (relativement) plus accessible mais aussi plus mature.

 De XTC, on peut dire que Field Music en est le plus digne descendant. J’ignore si ses jeunes musiciens ont baigné dans cet univers, mais leur musique en est imprégnée. Ca suinte de partout. Ce qui est loin d’être un défaut. Du moins pour la musique, peut-être moins pour la carrière du groupe.
Dès la première chanson, les fondations sont installées : syncopées, compositions quelque peu tordues, mélodie venue d’on ne sait ou, prédominance de riffs de guitare nerveux et tendus («Give it lose it take it» «Working to work» «In context»), soin des vocaux et production impeccable.

 Et puis progressivement, avec la montée en puissance du piano et des cordes, l’album s’installe dans une atmosphère plus apaisée (relative), lorgnant vers un croisement  Kinks / Beatles période Magical mystery tour («A house is not a home» «A gap has appeared»).
On frise carrément le plagiat High Llamas de Gideon Gaye avec «Place yourself», une véritable petite perle.

 L’album s’achève comme il a commencé, nerveux et tendu avec «She can do what she wants».
 Avouons qu’il faut tout de même plusieurs écoutes avant de savourer ce genre d’album déconcertant. Sans cet effort, l’auditeur risque de se noyer dans cet enchevêtrement de mélodies.Une chose est certaine, on nage ici dans une musique de tradition typiquement britannique. Allergique à ce genre, s’abstenir plutôt que de détruire.

 Field Music serait-il en train de reprendre le flambeau de ces gardiens du temple de la pop britannique ?
Et dans ce cas, subiront-ils le même sort, à savoir rester cantonnés à un petit club d’auditeurs pointus ?
Même si il y a de fortes chances que cela soit le cas, faites l’effort car ce disque est autant recommandable que suprenant.

Jph le 13 mars 2007.   


    Field Music – Tones of town
01 - Give It Lose It Take It.
02 - Sit Tight.
03 - Tones Of Town.
04 - A House Is Not A Home.
05 - Kingston.
06 - Working To Work.
07 - In Context.
08 - A Gap Has Appeared.
09 - Closer At Hand.
10 - Place Yourself.
11 - She Can Do What She Wants.

lien permanent

Wincing The Night Away - The Shins  posté le mercredi 31 janvier 2007 13:59

Blog de jph : Chroniques disques Pop/Rock/Folk, Wincing The Night Away  - The Shins

Sans vraiment surprendre ceux qui suivent ce groupe, les Shins nous offrent un condensé de ce qu'ils font à la perfection, un disque best of des deux précédents : sur l'ensemble moins mélodique, moins poppy que Chutes Too Narrow (truffé de tubes), mais aussi moins psychédélique que Oh Inverted World. Un parfait équilibre.

Ajouter à cela, une production parfaite, des compositions et des textes très inspirés et la voix toujours aussi limpide et parfois si haut perchée de James Mercer et vous voilà peut être déjà devant l'album de l'année.

Et ça démarre fort. Le ton est donné dès le premier morceau. On pense être dans une chanson évaporée, minimale et planante, lorsqu'à mi-chemin l'ensemble se déchaîne et fait tout voler en éclat.

Du coup, l'auditeur ne va faire que cela, se balader entre mélodies pop imparables (Australia, Phantom Limb, Turn me on, Girl Sailor) et compositions décalées (Pam Berry), planantes (Red Rabbits, Black Wave), limite new wave (Sea Legs).

L'album se termine en douceur avec A Commet Appears rappelant quelque peu New Slang (porte bonheur de leur reconnaissance US).

C'est toute la force de cet album et de ce groupe de passer ainsi du coq à l'âne, tout en restant accessible, de refuser de se laisser coller une étiquette claire. Démarche quelque peu similaire à Wilco. Le genre d'attitude qui rend cet album attachant et durable.

James Mercer se déclarait fan du Odessey and Oracle (influence évidente pour qui connaît cet album), souhaitons donc à son groupe de ne pas connaître le sort des Zombies en sombrant dans le même oubli flamboyant mais d'obtenir une véritable reconnaissance plus que méritée de ce coté ci de l'atlantique.

Pas de problème, avec une entrée en matière comme celle-ci, la barre est haute. 2007 nous promet-il un sacré cru coté rock indé ?

Jph le 31 janvier 2007

 

Wincing The Night Away

01. Sleeping Lessons
02. Australia
03. Pam Berry
04. Phantom Limb
05. Sealegs
06. Red Rabbits
07. Turn On Me
08. Black Wave
09. Split Needles
10. Girl Sailor
11. A Comet Appears

lien permanent

How It Ends - Devotchka (album) posté le vendredi 10 novembre 2006 13:27

Blog de jph : Chroniques disques Pop/Rock/Folk, How It Ends - Devotchka

Quelle ne fut pas ma surprise à la vision de "Litlle Miss Sunshine" de me promener tout le long de ce film avec la musique de Devotchka et une pointe (suffisante) de Sufjan Stevens (Chicago).

Devotchka ? J'écoute en boucle leur album "How It Ends" (sorti en 2004 aux USA) depuis début octobre suite à un article de l'excellent site Popnews (http://www.popnews.com/popnews/devotchka/).

Et dès la première écoute ma question fut "Comment un tel album a-t-il pu voir le jour ?". On est réellement face à quelque chose d'inqualifiable, d'inclassable.

Je ne sais qui sont ces musiciens, hormis qu'ils viennent de Denver, ce que leur nom n'indique guère. Ni d'ailleurs leur musique. Car de racines US, on en trouve peu dans cet album.
Pourtant question influences ça part dans tous les sens, c'est quasi une auberge espagnole, à forte dominante acoustique (guitares/contrebasse/violon/trompette/accordéon ...)

On navigue entre de touchantes balades folk mélancoliques, aériennes (You love me / How it ends), à ce qui aurait pu être la BO du "Bon, la brute et le truand" (The Enemy Guns), électrique et hargneux. Tout cela avec des détours aventureux chez un Yann Tiersen sur vitaminé (Charlotte Mittnacht), un orchestre de marriachi (We're Leaving), des fanfares-charge d'Europe de l'est (Such a lovely thing, Lunnaya Pogonko) finissant toujours au bord de l'hystérie.
Certaines chansons deviennent même terriblement entêtantes (Too Tired).

Le sommet, pour ma part, était atteint avec l'inclassable "Viens Avec Moi" et son riff d'accordéon lancinant et inquiétant, sa basse envoûtante, sa batterie métronome et un texte incompréhensible couvert par une guitare en trémolo. Pas de doute, ça ressemble à du Calexico mais en nettement moins propret, plus naturel, spontané si l'on préfère.
Malgré cet éclectisme casse gueule, il est bien difficile de trouver un moment de faiblesse dans cet album terriblement dépaysant et hors norme.

Une réjouissante et originale surprise qui arrive à point nommé dans ce monde rock actuel peu inventif.

Jph le 09 novembre 2006

How It Ends - Devotchka
1. You Love Me
2. The Enemy Guns
3. No One Is Watching
4. Twenty-Six Temptations
5. How It Ends
6. Charlotte Mittnacht (The Fabulous Destiny Of...)
7. We're Leaving
8. Dearly Departed
9. Such A Lovely Thing
10. Too Tired
11. Viens Avec Moi
12. This Place Is Haunted
13. Lunnaya Pogonka
14. Reprise

lien permanent

Great Lake Swimmers : Bodies and Minds (2005) (album) posté le mercredi 23 août 2006 09:51

Blog de jph : Chroniques disques Pop/Rock/Folk, Great Lake Swimmers : Bodies and Minds (2005)
C’est un disque que j’avais mis de coté depuis bien trop longtemps. Un ami, connaissant mes goûts, me l’avait gravé l’an dernier. Et puis, je l’ai oublié, pris que j’étais par d’autres écoutes plus pop, l’humeur n’étant pas à la déprime.
Prévoyant, je me l’étais emmené en vacances, me jurant d’y prêter attention. Bien m’en a pris, car la voix et les chansons de Tony Dekker, guitariste-chanteur-compositeur de ce groupe, ne m’ont plus quitté depuis. J’ai même fini par acheter le CD.

Au premier abord, c’est un disque folk, un de plus dans la grande tradition américaine, ici canadienne. Terriblement aérien, nonchalant, mélancolique, à dominante acoustique, comme sait si bien le faire Mark Koselek des Red House Painters. Ca fleure bon le Neil Young aussi (période Comes a time). La magnifique voix de Tony Dekker et quelques parties d’harmonica y sont pour beaucoup. Ce type vous ferait pleurer en chantant le bottin avec son jeu subtil de guitare. Ecoutez «to leave it behind» pour vous faire une idée.

Mails ici il flotte un parfum indescriptible autour de ces chansons. L’impression de flotter dans des espaces infinis, quelque chose d’obsédant, d’envoûtant, hors du temps, quasi mystique.
Tout est subtil, fin, délicat, limite fragile dans ce disque orchestré de manière sublime. On sent qu’avec cette voix, ces compositions (riches et variées) auraient pu se contenter d’une guitare acoustique, maîtresse des lieux tout de même. Pourtant la présence, somme toute discrète, des autres instruments (banjo, piano, lap steel et batterie), qui mal utilisés auraient pu dénaturer ces chansons, les magnifient.

Les compositions de Dekker sont tout simplement exceptionnelles. Elles ont cet art fragile et si peu fréquent d’entrer insidieusement dans votre esprit pour s’y coller le reste de la journée. «Imaginary Bars», quasi country, vous bouleverse en 2 petites minutes, «I saw you in the wild» ne vous quitte plus de la nuit. «Bodies and Minds» est une pure merveille d’équilibre Folk-Pop.
Pas un seul moment de faiblesse ne vient troubler ce disque indispensable.

A écouter en solitaire et à ranger au rayon disque de chevet

01. Song for the angels
02. Let’s trade skins
03. When it flows
04. Various stages
05. Bodies and minds
06. To leave it behind
07. Falling into the sky
08. Imaginary bars
09. I saw you in the wild
10. I could be nothing
11. Long into the evening
 
lien permanent